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L’UAGIF à Verdun et aux Eparges

mercredi 9 novembre 2016, par Jean Paquerault


L’UAGIF à VERDUN et aux EPARGES

Dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, la Fédération Nationale du Génie (FNG) a organisé un voyage, plutôt un pèlerinage, à VERDUN et aux EPARGES et bien entendu, l’UAGIF s’y est associée.

Ce voyage s’est déroulé le samedi 1er et le dimanche 2 octobre 2016. Le lieu de rassemblement était au Fort-Neuf de Vincennes où un car était prévu. Le premier point de ralliement de tous les participants était le Mémorial de Verdun à Fleury-devant-Douaumont.

Le Mémorial de Verdun est construit sur l’emplacement de la gare de Fleury-devant-Douaumont. Après sa rénovation, il vient de rouvrir avec une présentation des collections, différente de l’organisation précédente, maintenant, les objets exposés sont français et allemands.

Le Mémorial de Verdun après sa rénovation.

A quatorze heures, le groupe est scindé en deux afin de faciliter la visite, d’autant qu’il y a de nombreux visiteurs. Nous entrons dans l’espace exposition, ou une luminosité tamisée nous enveloppe. Les objets, les encarts explicatifs, sont éclairés par des petits spots. Nous y voyons, des canons un camion Berliet, une roulante allemande, des uniformes, des armes, des objets personnels (la vareuse du général de Castelnau) les objets fabriqués par les soldats, un avion est accroché au plafond. L’exposition est organisée par thème, par exemple le service de santé, la relation du soldat avec Dieu, ce qui se passe à l’arrière...

Casques allemands

Casque Adrian de sapeur français

Cuirasse et pot-en-tête de mineur

Equipement sac à dos du soldat français

Equipement sac à dos du soldat allemand

Après le Mémorial, nous rejoignons l’Ossuaire de Douaumont. Nous y entrons et visitons le cloitre intérieur et la chapelle. A 16 heures 15, nous nous rassemblons pour participer à la cérémonie du ravivage de la Flamme, suivie du dépôt d’une gerbe par les généraux Commandant l’Ecole du Génie et Président de la FNG, la Marseillaise est entonnée par tous les participants. Puis nous descendons au sous-sol entrons dans une salle de projection et nous visionnons un film. Derrière les murs de cette salle se trouvent les mausolées contenant les ossements des combattants trouvés sur le champ de bataille.

Après cette projection, nous sortons et sommes pris en main par Nicolas Czubak, notre guide, il nous explique pourquoi un tel monument et qui en a eut l’idée, le choix du lieu, sa construction.

L’idée vient de l’évêque de Verdun Monseigneur Ginisty, qui après la fin de guerre a parcouru le champ de bataille et voulu offrir une sépulture digne à tous ces morts, il fut soutenu dans sa démarche par le gouverneur de la Place de Verdun le général Valantin.

En 1919, une association privée est créée afin de récolter les fonds nécessaires. En France 122 villes répondirent ainsi que 18 villes étrangères, suivies par le Canada et les Etats-Unis.

Le choix du lieu fut fait par le maréchal Pétain, qui le plaça sur l’emplacement d’une ancienne ferme où d’âpres combats se déroulèrent.

Le monument fut bâti, avec l’aspect qu’il a aujourd’hui, mais moins long que le projet initial, car des difficultés apparurent lors de la fabrication des fondations, liées à l’instabilité du terrain labouré par les bombardements.

L’ Ossuaire de Douaumont fut inauguré le 17 août 1932, par le Président de la République Albert Lebrun.

Ce monument a une longueur extérieure de près de 140 mètres, le cloitre à l’intérieure mesurant 137 mètres, sa tour à une hauteur de 46 mètres. Cette tour est un observatoire où l’on peut monter. C’est aussi une lanterne des morts et un clocher avec la cloche appelée "Louise Anne Charlotte" de 2042 kilogrammes aussi dénommée "Bourdon de la Victoire". La chapelle mesure 25 mètres de long et a une largeur de 14 mètres. Il est construit avec une ossature en béton habillée de pierre.

Dans l’ossuaire de Douaumont 130 000 soldats inconnus, français et allemands, y reposent.

Monseigneur Ginesty est inhumé dans la chapelle.

En contrebas de l’ossuaire il y a la Nécropole nationale de Douaumont, créée en 1923, sur une parcelle de 144 380 mètres carrés située sur la commune de Fleury-devant-Douaumont. Elle fut aménagée par le service des sépultures militaires et le génie de Metz. A partir de 1925, les corps des petits cimetières autour de Verdun sont transférés dans cette nécropole. Elle est inaugurée le 23 juin 1929 par le Président de la République Gaston Doumergue. Elle compte 16 142 tombes de soldats français, identifiés.

L’ossuaire et la nécropole sont classés aux monuments historiques depuis le 2 mai 1996.

Ensuite notre guide nous emmène à l’ouvrage de Froideterre qui se trouve dans le secteur. C’est un petit ouvrage d’infanterie construit en 1887-1888, remanié entre 1902 et 1904, il comprend un casernement pour 140 hommes environ, deux postes d’observation cuirassés, à l’ouest une casemate "de Bourges", deux tourelles équipées chacune de 2 mitrailleuses et une tourelle cuirassée rotative armée de 2 canons de 75 courts. L’inconvénient est que ces divers éléments ne sont pas réunis par des couloirs souterrains. Un fossé entourait l’ouvrage.

En août 1915, l’artillerie des ouvrages fixes fut retirée. Mais le démontage des deux canons de 75 difficile à opérer, ne fut pas réalisé et les deux pièces furent laissées en place, mais ceux de la casemate de Bourges furent retirés. A partir de février 1916, l’ouvrage est régulièrement bombardé. En mars 1916, la casemate de Bourges est réarmée. En avril 1916 débute les travaux pour creuser une galerie entre le casernement et la tourelle de 75 mais sans aboutir à cause de la nature du terrain.

L’ouvrage de Froideterre, à droite le casernement

la tourelle de 75

Ensuite nous allons au Fort de Douaumont où des travaux de déblaiement de la porte principale sont entrepris. C’est un fort du système Séré de Rivière, son emprise est importante, il est situé sur une crête à 388 mètres d’altitude qui est le point culminant des Côtes de Meuse. Sa construction en pierre de taille le rendait vulnérable aux nouveaux obus, il a donc été renforcé par une couche de béton. Cette carapace de béton a été entamée par les tirs d’artillerie et par endroits, nous pouvons voire la maçonnerie d’origine en pierre. Il faut savoir qu’il fut bombardé par les Français dès que les Allemands le prirent puis par les Allemands après sa reprise par les Français.

L’état actuel du fort

Nous n’entrons pas mais montons dessus et de là, nous avons un point vue formidable, à 360 degrés sur les environs. Il est compréhensible que les deux adversaires se soient combattus avec un tel acharnement pour en prendre le contrôle. Il a une série d’entonnoirs, résultat des tirs aux gros calibres.

Le toit du fort

Tourelle de 155

Un vent frais nous enveloppe, nous partons pour Sainte-Menehould où nous sommes hébergés à l’hôtel du Cheval Rouge. Après le passage par la réception, nous regagnons nos chambres pour y déposer nos affaires. A vingt heures trente, nous regagnons une salle à manger, au premier étage, où sont dressées les tables du dîner au menu nous avons, apéritif, croustillants de pied de porc en salade, suivi d’un pavé de saumon et son soufflé au champagne, le dessert, un biscuit glacé meringué praliné. Notre soirée est animée par un camarade habillé en poilu, accompagné d’un accordéoniste, ils nous firent reprendre en chœur divers chants rassemblés sur un livret qui avait été remis à chaque convive.

Dimanche matin, l’ambiance est plus feutrée, nous nous retrouvons pour le petit déjeuner. Le départ du matin a été avancé d’un quart d’heure pour rejoindre Fresnes-en-Woëvre où nous assisterons à la messe dite en l’église Saint-Pierre. Après une courte attente au soleil, nous entrons, la messe est concélébrée par le prêtre de la paroisse et notre prêtre-sapeur adhérent à l’UAGIF. L’église est pleine, les paroissiens sont habitués car tous les ans à cette époque, une messe est dite en cette église pour le Génie.

Après l’office, nous partons en direction de la crête des Eparges. Nous nous intégrons dans le dispositif en place.

Le drapeau du 19ème régiment du génie et sa garde est en position d’attente.

Sont en place de part et d’autre du monument du Génie, à gauche la musique du 6ème régiment du génie d’Angers en tenue Second Empire, un peloton du 19ème régiment du génie et son fanion, en tenue d’été, à droite les drapeaux des associations, et un petit détachement d’hommes en armes en tenue de Poilu. Les invités font face au monument. La cérémonie se déroule suivant le rite habituel avec un dépôt d’une gerbe par chaque association et organisation régionale.

Les honneurs au drapeau

Les poilus

Après la cérémonie nous repartons et descendons au village des Eparges où, entre l’église et la mairie, un stand est dressé sur lequel sera servi le verre de l’amitié. Mais avant, le maire des Eparges nous fait un discours de bien venue, il félicite le 19 pour sa prestation et sa tenue. Les général commandant l’école du génie et le général président de la FNG prononcent chacun une allocution sur ce que représentent les Eparges pour le Génie. Ces allocutions sont suivies de celle du sous-préfet de Verdun. Puis le président de la FNG, remet le diplôme de "sapeur d’honneur" au maire des Eparges et un fanion de la FNG à chacun des officiers ayant participé à l’organisation de ces évènements.

Le drapeau du 19ème RG sur le perron de la mairie des Eparges

Et nous mettons "la main dessus" et entrons dans le vif du sujet en partageant ce verre de l’amitié en devisant avec les différents participants militaires en tenue ou anciens.

Nous partons en direction de la ville d’Etain, et faisons le parcours sous la pluie, nous avons eu de la chance jusque là !

Arrivés à Etain, nous entrons dans la salle des fêtes où sont dressées les tables du déjeuner de cohésion. Le menu de ce déjeuner, en entrée du foie gras, accompagné d’une demie poire caramélisée et d’une petite brioche, le plat est un rôti de veau et ses légumes, suivis d’un dessert. Le tout accompagné d’un vin blanc et d’un vin rouge. Un café est servi en final.

Une table de l’UAGIF

Le fanion de l’amicale des Ardennes et du 3ème RG

Après le repas, Nicolas Czubak (notre guide d’hier), nous fait une conférence sur la bataille d’Etain-Buzy étayée par un diaporama. Après sa conférence, Nicolas Czubak dédicaça l’ouvrage "Les Eparges Die Combres-Höhe" écrit en collaboration avec Pascal Lejeune et édité dans la "Collection Mémorial de Verdun" par Dacrès éditions. Cet ouvrage est assorti d’un DVD réalisé en collaboration avec l’association l’ESPARGES.

Après la conférence, il est temps de se saluer et de prendre le chemin du retour.

Texte et photos : UAGIF


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