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Visite du cimetière de Picpus

jeudi 28 mai 2015, par Jean Paquerault


L’U.A.G.I.F visite le cimetière historique de Picpus.

Ce mardi 5 mai 2015, la visite organisée par l’U.A.G.I.F., est pour le cimetière historique de Picpus.

Nous nous retrouvons au 35 de la rue de Picpus dans le 12ème arrondissement de Paris. Derrière ce lourd portail en bois et ces façades, qui devinerait qu’il y a une chapelle, un jardin et un cimetière historique si une plaque n’était pas posée à côté de ce portail ?

Nous sommes accueillis par le conservateur de lieu. La visite commence par la chapelle dédiée à Notre-Dame de la Paix. Cette chapelle est sobre dans sa décoration. Il y a quelques ex-voto (qui pourrait être traduit par "après un vœu"). les deux murs des transepts sont couverts de plaque gravées.

Une statue de la Vierge illumine le transept nord. Au dessus du porche il y a une tribune avec un petit orgue. Ce qui n’est pas courant dans une chapelle.

Dehors il pleut, à l’intérieur, notre guide nous explique et détaille l’historique de ce lieu, l’ancien couvent des chanoinesses de Saint-Augustin. La réquisition du terrain, sous la Terreur, pour y creuser des fosses communes afin d’y enterrer les corps des suppliciés, guillotinés "Place du Trône renversé". Pourquoi ce nom ?

Remontons le temps, Louis XIV lorsqu’il vint la première fois à Paris présenter son épouse après son mariage à Saint-Jean-de-Luz, entra par cette place qui ensuite fut baptisée Place du Trône, puis sous la Révolution, place du Trône renversé pour enfin prendre le nom de Place de la Nation.

Les noms gravés sur ces plaques de marbre, sont ceux des 1306 suppliciés qui ont été inhumés dans ce cimetière de Picpus. Ces noms sont inscrits jour par jour avec, le nom, prénom âge et profession. La tranche d’âge est de 16 à 85 ans ce qui marque la brutalité du moment. Si nous regardons de plus prêt ces plaques nous y voyons des nobles, des militaires, le gouverneur militaire des Invalides Charles François de Virot de Sombreuil, 76 ans, des prêtres, des religieuses, parmi elles, les religieuses du Carmel de Compiègne, mais aussi des gens du peuple, journaliers, couturières, ouvriers boulanger, menuisier, des poètes Jean-Antoine Roucher, André Chénier.... Nous y voyons aussi des noms allemands.

Ces personnes ont été exécutées arbitrairement sans jugement, c’est l’une des périodes noires de l’histoire de France. Ces massacres cessèrent le 9 Thermidor (27 juillet 1794) avec l’arrestation et l’exécution de Robespierre.

Ensuite, certaines familles de suppliciés, discrètement, réussirent à localiser l’endroit où ils étaient enterrés grâce à une demoiselle PARIS, qui avait vu exécuter son père et son frère et, le soir avait suivi discrètement le convoi funèbre. Tous ces malheureux étaient jetés dans des fosses communes sans autre cérémonial.

La première acquisition fut réalisée par la princesse Amélie de Hohenzollern-Sigmaringen sœur du prince Frédéric III de Salm-Kyrburg, guillotiné et inhumé en ce lieu.

A ces premières familles d’autres s’y joignirent et secrètement, réussirent l’acquisition de l’enclos des fosses, et des terrains avoisinants.

En 1800 une chapelle expiatoire fut construite. En 1802, une souscription fut lancée par la marquise de Montagu pour acquérir l’ancien couvent ainsi que les terrains. Des familles ayant des membres exécutés et enterrés en ce lieu, fondèrent le Comité de la Société de Picpus avec le but d’acquérir le terrain afin d’y établir un second cimetière près des fosses. Toujours en 1802, les souscripteurs désignaient un Comité de onze personnes :

  • 1 Mme de Montagu, née L.D. de Noailles, présidente.
  • 2 Mr de Montmorency.
  • 3 Mr Aimard de Nicolai.
  • 4 Mme veuve Le Rebours, née Bareille.
  • 5 Mme veuve Freteau, née Moreau.
  • 6 Mme la marquise de La Fayette, née Adrienne de Noailles.
  • 7 Mme veuve Titon, née Benterot.
  • 8 Mme veuve de Feudoas, née de Bernières.
  • 9 Mme veuve Charton, née Chauchat.
  • 10 Mr Philippe de Noailles de Poix.
  • 11 Mr Théodule de Grammont.

En 1805, la Congrégation des Sacrés Cœurs de Marie et de Jésus fut sollicitée de s’y installer afin d’y prier en faveur de tous ces suppliciés. Cette congrégation dont le nom complet est : Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie et de l’adoration perpétuelle du Très Saint-Sacrement, plus couramment appelée Congrégation des Sacrés-Cœurs, fut créée en 1800 à Poitiers par l’abbé Pierre Coudrin et la mère Henriette Aymer de la Chevalerie.

La cour et la chapelle de Picpus (photo UAGIF)

La nef de la chapelle (photo UAGIF)

La chapelle actuelle fut construite en 1841 sur les plans de l’architecte Joseph-Anton Froelicher, architecte suisse naturalisé français (1790-1866). En août 1926, la Société de l’Oratoire et du cimetière de Picpus, depuis renommée Fondation de l’Oratoire et du cimetière de Picpus, se porte acquéreur du terrain et de l’enclos.

La pluie ayant cessé, nous sortons, entrons dans le jardin et tout au fond de celui-ci le porche par lequel les tombereaux entraient dans cet enclos. Puis nous entrons dans le cimetière qui est en deux parties, la partie fermée où se trouve les deux fosses communes et la partie ouverte où sont les tombes des familles. La tombe de La Fayette surmontée d’un drapeau américain, et les tombes des familles, Noailles, Polignac, La Rochefoucault-Doudeville, Tascher de la Pagerie (famille de Joséphine de Beauharnais née Rose Marie-Joséphe Tascher de la Pagerie) et d’autres familles.

L’enclos où se trouve les fosses (photo UAGIF) Plaque commémorative des Carmélites (photo UAGIF) La tombe de La Fayette (photo UAGIF) Le jardin (photo UAGIF)

Pendant l’Occupation, ce lieu resta préservé par le fait que des allemands s’y trouvent inhumés. C’est ainsi que le drapeau américain flotta sur la tombe de La Fayette pendant cette période. Sur un mur du cimetière, sont apposées des plaques portant les noms des membres de ces familles disparus en déportation dans les camps lors de la seconde Guerre mondiale. Jean Paquerault, mai 2015

Sources : Exposé de Mr Jean-Jacques Faugeron, guide conservateur. Visites guidées sur rendez-vous (tel : 01 43 44 18 54) courriel jean-jacques-faugeron@orange.fr

Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie et de l’adoration perpétuelle du Très Saint-Sacrement.


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