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Visite des extérieurs des Invalides

Activités de l’ UAGIF

samedi 12 mai 2012, par Pierre Lemaine


VISITE DES EXTERIEURS DES INVALIDES

Le 05 avril 2012, une vingtaine de membres de l’UAGIF, après un excellent repas de cohésion, sont guidés par le colonel Henri ORTHOLAN pour une visite commentée sur l’historique des bâtiments, de la cour d’honneur et d u Dôme. A la fin du moyen-âge, après les guerres d’Italie, l’armée de métier se met en place. Les rois de France ont eu recours à des troupes professionnelles soldées. Le sort de ces hommes à posé problème quand ils furent « caducs », blessés, malades ou trop âgés.

Les secours, alors organisés par des ordres religieux, sont partiels. Nombre de vieux guerriers ne trouvent aucune aide. Ils vivent de rapines ou de mendicité.

Henri IV, Louis XIII et Richelieu tentent sans succès de spécialiser des établissements pour les accueillir. Afin d’éviter d’éventuels désordres, errances et agitations, Louis XIV voulant marquer une étape significative de l’histoire de l’Etat royal, décida en 1670 la construction d’une institution nouvelle :

L’HOTEL ROYAL DES INVALIDES

Le choix de son emplacement se porte sur la plaine de Grenelle ; Vaste espace inoccupé, humide mais assaini, aux portes de Paris et proche de la Seine permettant un ravitaillement constant.

Deux architectes participeront à l’harmonie architecturale du monument :

Libéral BRUANT, architecte des bâtiments du Roi, responsable du projet puis de sa réalisation débute la construction en 1671 (pose de la première pierre le 30 novembre 1671).

Elle ressemble à une grille, avec alternance de cours et de logements, d’orientation générale Nord-Sud, dont l’axe principal est la grande cour centrale prolongée par l’église. Cette disposition est courante au XVII siècle pour les hôpitaux et édifices religieux (tel le sévère palais-monastère de l’Escurial près de Madrid).

Les travaux avancent rapidement. Dès octobre 1674 l’Hôtel peut commencer à loger des invalides.

La COUR ROYALE

Aujourd’hui COUR d’HONNEUR, la plus vaste (environ 103m par 65 m), est bordée par deux étages de galeries à arcades et donne l’aspect d’un cloître. L’ornementation porte sur les 60 lucarnes en œil de bœuf, au niveau des combles, sculptées avec des combinaisons jamais identiques d’armes, de cuirasses, de figures héraldiques. Les motifs sont dessinés sur cartons et reproduits par les ouvriers sur la pierre.

Le DOME

Début avril 1676, le Secrétaire d’Etat à la guerre, LOUVOIS, fait appel à l’architecte Jules HARDOUIN-MANSART qui reprend le chantier entre 1676 et 1679. Il achève l’église dite « des Soldats » en s’inspirant des plans de son prédécesseur.

Son œuvre majeure est la grande église dite « Eglise royale » ou « Eglise du Dôme » Le gros œuvre est édifié entre 1677 et 1687. La charpente et le dôme sont achevés en 1690. Les difficultés de financement (longues guerres) et hésitations persistantes sur la décoration font que ce n’est que le 28 août 1706 que LOUIS XIV reçoit la clé de l’édifice.

Les plans montrent qu’il n’existe qu’une seule église ; L’église des Soldats en forme la nef et l’église du Dôme le transept et le cœur. C’est un corps quadrangulaire surmonté d’une coupole reposant sur un tambour. C’est une construction à l’Italienne. Une coupole intérieure « ciel » et une coupole extérieure supportée par une charpente en bois.

  • Les INVALIDES sont à la fois une caserne, un couvent, un hôpital et une manufacture financés par l’Etat.
  • Une caserne : Bien que dédié à la réception des militaires invalides, l’Hôtel est conçu pour une fonction militaire voulu par LOUVOIS. Prévu pour 1500 à 2000 personnes, il en compte plus de 4000 en 1714 (3200 militaires, 800 personnels).

Etre pensionnaire n’est pas un dû ; On le devient sur recommandation de son chef de corps. Il faut avoir servi le Roi aux armées pendant au moins dix ans, voir 20 ans en 1710. L’admission dépendant au final du Secrétaire d’Etat à la Guerre.

Une sévère discipline règle la vie des pensionnaires : Port de l’uniforme, exercices militaires pour les plus valides, pas de tabac, pas de femme ; Les repas sont pris dans quatre réfectoires de 400 places (2 services midi et soir).

Les chambrées sont situées dans la galerie supérieure et les étages (4 à 6 lits pour les soldats, 2 à 3 pour les officiers). Un couvent :

La forte dimension religieuse du site réside dans la présence de l’église SAINT LOUIS DES INVALIDES. L’assiduité aux fréquents offices est exigée. Les protestants, acceptés jusqu’en 1685, sont ensuite contraint de se convertir ou de quitter l’Hôtel. Douze prêtres y officient à l’époque (vingt en 1680).

Un hôpital : L’infirmerie est située au sud-est de l’Hôtel et en occupe près du quart de la surface. Sa capacité est de 300 lits. Chaque malade à son lit individuel. Trente « sœurs grises » dirigent l’organisation des soins physiques et spirituels avec un encadrement médical de qualité.

Une manufacture : LOUVOIS veut bannir l’oisiveté. Il préconise l’installation de divers ateliers de manufactures ; La vente de leurs productions fournit un complément de revenus aux invalides. Ces dispositions assurent le rapide succès de l’institution (l’Angleterre s’en inspire dès 1681, la Russie en 1722).

Le TOMBEAU IMPERIAL

Le roi LOUIS-PHILIPPE et THIERS organisent dans un but de réconciliation nationale le retour des cendres de NAPOLEON avec l’accord des Britanniques (c’est l’époque de l’Entente Cordiale). Le prince de JOINVILLE se rend à SAINT HELENE et ramène la dépouille qui arrive du Havre à Paris en bateau.

Aux Invalides, le 15 décembre 1840, le Roi accueille en personne le cercueil impérial, qui est accompagné par une haie d’honneur de vieux grognards, en présence de milliers de spectateurs. La loi du 10 juin 1840 stipule que le tombeau sera placé sous le Dôme. L’architecte d’origine italienne VISCONTI est retenu par la commission en mars 1842. L’inauguration avec le placement définitif du corps de NAPOLEON a lieu le 02 avril 1861. Le massif sarcophage, sans inscription, est en QUARTZITE ROUGE de CARELIE et posé sur un socle en GRANIT VERT des VOSGES. C’est le TSAR qui offre à la France le bloc de pierre en témoignage des rancunes apaisées. Au sol une étoile en mosaïque mentionne les huit victoires les plus célèbres de l’Empereur.

Dans la galerie circulaire, dix bas-reliefs en marbre blanc, œuvres de SIMART rappellent les réalisations CIVILES majeures de NAPOLEON. C’est un discours neutre, voulu par LOUIS-PHILIPPE, à la gloire de l’homme d’Etat sans aucune allusion au chef de guerre.

AUTRES TOMBEAUX

A l’initiative de NAPOLEON, Premier Consul, le tombeau de TURENNE, Maréchal Général de LOUIS XIV, est translaté le 22 septembre 1800 dans l’une des deux chapelles latérales du Dôme.

Dans l’autre, Empereur, il fera élever, en 1808, un monument en l’honneur de VAUBAN où y est déposé une urne contenant son cœur. Depuis le 15 décembre 1940, les cendres de l’AIGLON, le Duc de REICHSTADT, ont rejoint celle du père. Il repose dans la cella, sous une dalle, au pied de la statue de l’Empereur placée en haut de la façade sud de la cour d’honneur.

Le tombeau du Maréchal FOCH, Généralissime des troupes alliées de la première guerre mondiale, est élevé dans l’ancienne église royale.

Celui du Maréchal LYAUTEY, ancien résident général de la France au Maroc, est placé sous le Dôme de la Chapelle Saint GREGOIRE. Le Maréchal est considéré par les Marocains comme leur « Grand Homme » car il a su respecter les coutumes et l’architecture locales.

Dans l’église des Soldats, les anciens Gouverneurs, dont certains Maréchaux du 1er Empire, et des Généraux des deux guerres mondiales reposent dans le caveau des Gouverneurs.

Merci à nos camarades :

*Henri ORTHOLAN, pour son excellente conférence et le temps qu’il nous a accordé malgré que celui-ci lui est compté, et

* Bernard ROZ pour son parfait compte-rendu.

Bibliographie : « les Invalides » de F. LAGRANGE/J-P REVERSEAU


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