UNION AMICALE DU GENIE DE L’ILE DE FRANCE

Accueil du site > Culture Génie > Personnel Génie > Le capitaine Férrié Sapeur (télégraphiste)

Le capitaine Férrié Sapeur (télégraphiste)

mardi 12 mai 2009, par Jean Claude Bourgeois


C’est en 1884 que Gustave Eiffel en conversation avec le sculpteur Bartholdi, en admirant la statue de la liberté qui allait être livrée à New York avait l’idée d’une plus grande construction en fer.

Après nombre de transactions, il obtint la construction d’une tour en fer que nous admirons encore aujourd’hui. Cette tour devait être démontée après l’exposition universelle de 1889. mais Eiffel voulait la conserver.

Pour cela , Eiffel va proposer en 1903, à l’ armée, d’utiliser la tour comme une grande antenne.

Il prend alors contact avec un officier du génie le capitaine Ferrié télégraphiste sans fil ( la TSF ).

Avec cette antenne de 300 m de hauteur, , l’armée pourra envoyer des messages dans toute la France. L’état-major accepte d’expérimenter à condition que Eiffel prenne en compte le financement de l’opération ( 1904 ).

Le Génie télégraphiste pouvait se développer.

JC Bourgeois

-----------------------------------

Texte de la société des amis de la bibliothèque de l’ Ecole Polytechnique

Le Général Ferrié est le plus ancien radiotélégraphiste de France. Né en 1868, entré à 19 ans à Polytechnique, il en sortit dans l’arme du génie et se consacre dès 1898 à la radiotélégraphie.

Il suit les premiers essais de Marconi outre Nice et la Corse, et dès 1900 se signale par d’importants travaux personnels : amélioration du cohéreur, mise au point d’un détecteur nouveau qu’il imagine : le détecteur électrolytique.

En 1902, alors que la T. S. F. naissait à peine, il installe une communication radiotélégraphique entre la Martinique et la Guadeloupe pour remplacer le câble détruit par l’éruption de la Montagne Pelée.

Dès 1903, il commence à installer le poste de la Tour Eiffel. Ce poste, d’abord abrité dans des baraques du Champ-de-Mars, fut installé vers 1909 dans les locaux souterrains qu’il occupe aujourd’hui. C’était à cette époque l’un des rares postes puissants qui existassent au monde. En 1908, le Capitaine Ferrié, qui, entre temps, avait mis au point toute une série d’appareils de mesure et travaillé à la création et à l’installation des postes de T. S. F. de la Marine, partit au Maroc. Il y installa des postes de campagne qui rendirent les plus grands services au Général commandant les forces expéditionnaires. Pour la première fois, la T.S.F. servait pour des fins guerrières, prélude du rôle fondamental qu’elle devait jouer 6 ans plus tard.

De 1908 à 1914, le Commandant Ferrié crée des postes automobiles de campagne, des postes de dirigeables qu’il expérimente lui-même, et les premiers postes d’avions dont les essais datent de 1910.

En collaboration avec MM. Claude et Driancourt. il crée la méthode de comparaison des pendules par T. S. F., qui permit de déterminer les longitudes à quelques mètres près de n’importe quel point situé à portée radiotélégraphique du poste émetteur.

Il installe a cette même époque le dispositif d’émission des signaux horaires de la Tour qui a rendu tant de services aux navigateurs et si vivement intéressé tous ceux qui s’occupent de la T. S. F.

Pendant la guerre, le rôle du Colonel Ferrié est de toute première importance. Tout en continuant ses travaux personnels sur la radiogoniométrie, la T. P. S. (téléfil : par le sol), il dirige avec l’autorité, la compétence et la longue expérience qu’il était seul à posséder en France, toute une pléiade d’éminents physiciens et de techniciens de choix tant militaires de carrière que civils mobilisés du fait de la guerre et dont les travaux ont mis la T. S. F. militaire française à la tête du progrès [parmi lesquels Alfred Pérot (X 1882)]. Aux armées, on installe tout un matériel de T. S. F. d’avions dont il a dirigé les études, postes récepteurs à lampes, postes émetteurs à ondes entretenues. L’infanterie est dotée d’un poste de T. S. F. portatif et d’appareils de télégraphie par le sol qui sont immédiatement adoptés par nos alliés et copiés par l’ennemi. Les grandes unités sont munies de postes à lampes, simples et pratiques qui ont permis à la T. S. F. militaire de prendre une extension insoupçonnée. Nos ennemis n’ont jamais rien pu réaliser de semblable et faisaient leurs premiers essais au moment de l’armistice. Des postes de télégraphie sans fil entre avions, des postes goniométriques permettant de repérer l’emplacement des postes émetteurs ennemis et permettant ainsi aux avions de se diriger sur des phares hertziens complétèrent vers la fin de la guerre le matériel des armées.

A l’intérieur et toujours sous cette même impulsion du Directeur de la Radiotélégraphie militaire on créait de grands postes comme celui de la Doua, comme celui de la Tour, qui fut complètement modifié et muni d’émissions à ondes entretenues, comme le poste Lafayette lui-même dont le Général Ferrié donnait les grandes lignes dès le début de 1917.

On installait un réseau serré d’écoutes dont les résultats furent de première importance.

On mettait au point les lampes à trois électrodes et leurs innombrables applications : amplificateurs les plus, postes de télégraphie et de téléphonie sans fil, émetteurs ou récepteurs des types les plus divers.

On obtenait d’intéressants résultats en télémécanique pomme celui qui consistait à diriger une vedette en rade de Toulon à l’aide d’un poste émetteur monté sur avion. On perfectionnait sans cesse la technique des grands postes : lutte contre les parasites atmosphériques, réception et émission simultanées, améliorations apportées aux émissions par arc.

Enfin, des études très intéressantes furent faites toujours sous la direction du Colonel Ferrié pour déceler les bruits souterrains (écoute de mines), et aussi les bruits aériens (écoute méthodique pour déceler l’approche des avions, paraboloïdes, etc.).

Texte de la société des amis de la bibliothèque de l’ Ecole Polytechnique



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | page légale | espace de rédaction | site réalisé avec  |SPIP |  par Philippe Bataille | squelette